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Ukraine Reconstruction Market Brief - Octobre

La guerre menée par la Russie continue de mettre les entreprises ukrainiennes à rude épreuve. Entre les risques sécuritaires, les pénuries de main-d’œuvre et les perturbations de leurs activités, les défis restent nombreux. Pourtant, les projets avancent, de nouveaux financements se mettent en place et des opportunités se dessinent. Comprendre ces évolutions, identifier les perspectives de coopération et suivre les dispositifs de soutien disponibles : c’est tout l’objectif de cette nouvelle édition de Ukraine Reconstruction Market Brief.

Dans notre rubrique « Opportunités pour les entreprises », nous présentons notamment un nouveau programme européen de financement destiné à soutenir l’innovation dans les chaînes d’approvisionnement en énergie propre, ainsi qu’un appel d’offres en partenariat public-privé pour la construction d’un nouvel établissement chirurgical à Lviv.

Comment les entreprises françaises peuvent-elles participer aux projets de reconstruction financés par les institutions européennes ? Dans notre entretien express, Matteo Rivellini, responsable de l’équipe Investissements en Ukraine à la Banque européenne d’investissement (BEI), nous apporte des réponses concrètes. Il revient sur les possibilités de participation aux appels d’offres internationaux et sur les nouveaux mécanismes de garantie européens destinés à réduire les risques liés aux investissements.

Les partenariats public-privé sont également au cœur de notre rubrique « Green Recovery : la parole à l’expert ». Yevhen Kalinin, directeur général de Veolia Ukraine, revient ce mois-ci sur les difficultés qui ont freiné leur développement par le passé, les évolutions récentes du cadre réglementaire et les conditions nécessaires pour attirer davantage de capitaux privés dans les infrastructures ukrainiennes.

Dans « Actualités de la reconstruction », nous faisons le point sur les principales évolutions économiques et réglementaires : les pressions croissantes liées à la sécurité et au manque de main-d’œuvre, les nouveaux financements internationaux en faveur d'infrastructures énergétiques plus résilientes et l’extension des dispositifs d’assurance contre les risques de guerre. Nous abordons également les changements réglementaires qui concernent directement les entreprises, notamment les règles de réservation des salariés et la mise en œuvre des critères ESG.

Enfin, nous revenons sur deux rendez-vous récents de la CCIFU : notre conférence consacrée aux défis de l’après-guerre, qui a permis d’ouvrir la réflexion sur les transformations à anticiper dès aujourd’hui, et notre webinaire sur la sécurité des entreprises, consacré aux solutions pour poursuivre ses activités dans un environnement où les menaces évoluent constamment.

Bonne lecture !

 

OPPORTUNITÉS POUR LES ENTREPRISES

 

1. FINANCEMENTS OUVERTS

RENEW-BOOSTER Eurocluster : subventions pour l’innovation dans les chaînes d’approvisionnement en énergie propre

RENEW-BOOSTER, cofinancé par le programme pour le marché unique de l’Union européenne, propose des subventions rapides et de montant limité aux PME qui développent des innovations visant à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement européennes en énergie propre. Les projets doivent :

  • Réduire la dépendance aux matières premières critiques et les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement
  • Accélérer les transitions écologique et numérique
  • Contribuer aux objectifs du règlement pour une industrie « zéro net » (NZIA) et du règlement sur les matières premières critiques (CRMA)

Secteurs éligibles (TRL 6-7, avec des résultats concrets à court terme) :

  • Éolien en mer, en particulier l’éolien flottant
  • Énergie photovoltaïque
  • Réseaux énergétiques
  • Innovations numériques intersectorielles appliquées à ces secteurs (IA, jumeaux numériques, systèmes de gestion de l’énergie)

Date limite : 30 novembre 2026 à 17 h 00 (HEC)

Deux volets de financement

 

Volet A : axé sur les défis

Volet B : appel ouvert

LogiqueSoutient les PME qui répondent à des «challenges» spécifiques définis par des leaders industriels ou du secteur de l’énergie concernés.Soutient les PME qui déposent une candidature dans le cadre d’un appel ouvert en une seule étape.
FinancementÉtape 1 : 10 000 € pour chacune des 3 PME sélectionnées par défi, avec un cofinancement privé d’au moins 20 % (environ 3 semaines, TRL 6-7). Étape 2 : une PME par défi reçoit 50 000 €, avec un cofinancement d’au moins 40 % (12 semaines, TRL 8-9).Jusqu’à 10 000 €, 30 000 € ou 60 000 € selon le degré de maturité du projet, le niveau de cofinancement privé augmentant en fonction de la tranche.

Principaux critères d’éligibilité

  • Le candidat doit répondre à la définition européenne d’une PME.
  • Le candidat doit être établi dans l’UE-27 ou dans un pays participant au programme pour le marché unique.
  • Chaque PME peut soumettre une candidature par volet. Le montant cumulé maximal par PME pour l’ensemble des appels RENEW-BOOSTER est de 60 000 €.
  • Le cofinancement doit correspondre à une contribution financière propre de la PME. Les contributions en nature et le temps de travail du personnel ne sont pas pris en compte.

Calendrier : résultats à la mi-janvier 2027 et signature du contrat à la fin du mois de janvier 2027.

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Contact

Sources : European cluster collaboration platform, Diia.Business

Lviv lance un appel d’offres en PPP pour un nouvel établissement de chirurgie

Le conseil municipal de Lviv a annoncé un appel d’offres visant à sélectionner un partenaire privé chargé de la construction, de la mise en service et de la maintenance ultérieure d’un nouvel établissement de chirurgie dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP).

Présentation du projet

Le partenaire privé retenu sera chargé du financement et de la passation des marchés nécessaires à la construction et à la mise en service du nouvel établissement de chirurgie, ainsi que de sa maintenance une fois celui-ci opérationnel. Le projet prévoit des paiements de disponibilité financés par le budget municipal.

Durée du PPP : 17 ans, dont deux ans consacrés à la construction et à la mise en service de l’établissement de chirurgie et 15 ans à sa maintenance.

Procédure d’appel d’offres et échéance principale

L’appel d’offres suivra une procédure restreinte en deux étapes :

  • Étape 1 – Qualification : les candidats doivent démontrer qu’ils satisfont aux critères de qualification technique et financière et qu’ils disposent des capacités nécessaires à la réalisation du projet. À ce stade, seules les demandes de préqualification peuvent être soumises.

  • Étape 2 – Mise en concurrence : les soumissionnaires qualifiés présenteront leurs offres techniques et financières. La commission d’appel d’offres évaluera les propositions et sélectionnera le candidat retenu.

La date limite de dépôt des demandes de préqualification est fixée au 20 janvier 2027 à 18h00, heure de Kyiv.

Documents de l’appel d’offres

Le dossier de demande de qualification (RFQ), qui comprend les exigences détaillées relatives au dépôt des candidatures et les modalités d’accès, est disponible ici. 

Contact

Andriy Pavliv, directeur du Bureau des investissements et des projets, Département du développement économique, Conseil municipal de Lviv

Téléphone : +380 32 254 60 06
E-mail : ppp.lviv@lvivcity.gov.ua

Source : Conseil municipal de Lviv

2. Agir maintenant

Présentation de l’association : MoveUkraine

MoveUkraine est une organisation caritative ukrainienne officiellement enregistrée. Fondée en mai 2022, elle fournit des logements sûrs et dignes aux Ukrainiens déplacés ainsi que des centres de réadaptation aux personnes qui en ont besoin. MoveUkraine a collecté 4 968 865 dollars, qui ont permis de financer 22 bâtiments et 6 centres spécialisés, dont un hôpital pédiatrique et des centres de réadaptation.

Mission : fournir aux personnes déplacées à l’intérieur de l’Ukraine des logements sûrs et dignes (centres d’hébergement collectif et appartements sociaux), et favoriser leur intégration au moyen de différents programmes. Sa mission comprend également la création de centres de réadaptation pour les anciens combattants et les personnes en situation de handicap.

Chiffres clés (mai 2022 – novembre 2025)

  • 4,97 M$ de fonds collectés au total
  • 31 projets achevés dans 12 régions d’Ukraine
  • 17 protocoles d’accord signés avec des collectivités de 7 régions pour le logement social et les infrastructures de réadaptation
  • 1 271 personnes déplacées hébergées dans le cadre de 22 projets de logement achevés (un immeuble d’appartements sociaux est en cours de réalisation)
  • 9 150 patients pris en charge dans 5 centres achevés (capacité annuelle prévisionnelle : 31 660 personnes pour les centres existants et les 4 centres en préparation)

Pourquoi mettons-nous cette initiative en avant ?

La reconstruction de l’Ukraine ne repose pas uniquement sur de grands projets d’infrastructure.

En mettant en lumière des organisations telles que MoveUkraine, la CCIFU entend créer des passerelles entre engagement humanitaire et mobilisation des entreprises. S’associer à ce type d’organisation, c’est agir concrètement dès aujourd’hui tout en contribuant à l’effort global de résilience et de reconstruction nationale.

Contact : Mariana Dumenko, assistante de projet. 

Site web

 

3. Interview flash

 

Matteo Rivellini

Responsable de l’équipe Investissements en Ukraine à la Banque européenne d’investissement

« Les possibilités sont réelles et accessibles dès maintenant. Les entreprises qui commenceront dès aujourd’hui à les explorer, à nouer des partenariats et à évaluer des projets potentiels seront mieux placées pour contribuer à la reconstruction de l’Ukraine et participer à son futur développement économique ».

L’engagement de la BEI en Ukraine

L’Ukraine demeure l’une des grandes priorités du Groupe Banque européenne d’investissement (BEI). Son action associe le soutien à la résilience immédiate, la reconstruction à long terme et l’intégration du pays à l’Union européenne.

Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, les financements du Groupe BEI en faveur de l’Ukraine ont dépassé 4,5 milliards d’euros. Les investissements portent principalement sur l’énergie, les transports et la connectivité, le logement, les infrastructures municipales et le développement du secteur privé.

La BEI renforce également son soutien à la préparation et à la mise en œuvre des projets, en aidant les autorités ukrainiennes à transformer les priorités de la reconstruction en investissements concrets, bien préparés et réalisables.

Quelles possibilités s’offrent aux entreprises françaises ?

Les entreprises françaises peuvent participer directement aux appels d’offres internationaux lancés dans le cadre de projets financés par la BEI, sous réserve de satisfaire aux conditions d’éligibilité et de qualification propres à chaque procédure de passation de marché.

Les possibilités concernent notamment :

  • Transports et connectivité : modernisation des infrastructures ferroviaires, des liaisons avec l’Union européenne et des postes-frontières ;
  • Énergie : efficacité énergétique, énergies renouvelables et intégration au système énergétique européen ;
  • Infrastructures municipales.

Il est important de noter, pour les entreprises françaises, que les procédures de passation de marchés sont lancées par les bénéficiaires ukrainiens des financements de la BEI : ministères, collectivités locales, services publics ou entreprises publiques, et non par la BEI elle-même.

Comment les entreprises peuvent-elles accéder aux appels d’offres ?

Les entreprises intéressées sont invitées à consulter régulièrement les avis de marchés publiés sur les plateformes suivantes :

→ Prozorro : système ukrainien de passation des marchés publics ;

→ Site de la BEI consacré aux marchés des projets : procédures de passation des marchés liées aux projets financés par la BEI ; 

→ Canaux de passation des marchés de l’UE, tels que TED.

Pour ces appels d’offres internationaux de grande envergure, une entreprise française peut participer sans nécessairement disposer d’une entité juridique en Ukraine ni d’un partenaire local. Les conditions précises sont toutefois définies dans chaque appel d’offres et doivent être vérifiées au cas par cas.

Garanties européennes : quels instruments peuvent contribuer à atténuer les risques liés aux investissements ?

Afin de faciliter les investissements européens en Ukraine, la BEI prépare le lancement, avec le soutien de la Commission européenne, d’un programme de 230 millions d’euros consacré aux investissements directs étrangers et à l’intégration au marché unique de l’UE.

En coopération avec des partenaires tels que Bpifrance, ce programme devrait proposer des garanties pour les investissements directs étrangers, notamment une assurance contre les risques politiques, afin de soutenir les entreprises françaises qui investissent en Ukraine.

Selon le projet, ce soutien pourrait être complété par des financements à long terme et, de manière sélective, par des subventions à l’investissement.

Que devraient faire les entreprises dès maintenant ?

Les entreprises françaises sont invitées à étudier les possibilités de participer à la reconstruction de l’Ukraine en nouant rapidement des contacts avec les ministères, les municipalités, les entreprises publiques et les partenaires privés ukrainiens, en particulier dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, de l’eau, de la santé, de l’agriculture, du numérique et du déminage.

Elles peuvent également suivre les portefeuilles de projets élaborés avec la BEI et d’autres institutions financières internationales, tout en s’appuyant sur le réseau institutionnel français pour repérer les possibilités émergentes.

Les entreprises disposant d’un projet concret peuvent contacter directement le Groupe BEI afin d’étudier les dispositifs de soutien disponibles. Pour les entreprises qui en sont à un stade plus précoce, les banques partenaires de la BEI en Ukraine peuvent constituer un premier interlocuteur utile, grâce à leur connaissance du marché local.

Site de la BEI consacré aux marchés des projets

👉 Lire l’entretien complet sur le rôle de la BEI en Ukraine et les possibilités offertes aux entreprises françaises dans le cadre de la reconstruction du pays.

Lire l’entretien complet

 

4. Green recovery : la parole à l'expert

Partenariat public-privé en Ukraine : pourquoi 85 % des contrats conclus restent inactifs et le pays est-il aujourd’hui prêt à accueillir des investissements privés ? 

Yevhen Kalinin, directeur général de Veolia Ukraine

Depuis l’instauration du mécanisme de partenariat public-privé en Ukraine, 201 contrats ont été signés. Pourtant, au 1er janvier 2026, seuls 19 d’entre eux étaient effectivement en cours d’exécution. Moins d’un contrat de PPP sur dix est actuellement en phase d’exécution.

Pour un pays qui doit reconstruire ses réseaux d’eau et d’assainissement, ses infrastructures énergétiques, ses transports et ses équipements municipaux, cette question revêt une importance non seulement juridique, mais aussi économique. 

Le PPP n’est pas une privatisation, mais un autre modèle de gestion des infrastructures

Le partenariat public-privé — ou Public-Private Partnership (PPP) — est une forme de coopération à long terme entre l’État ou une collectivité et un partenaire privé. Contrairement aux marchés publics classiques, le PPP confie au partenaire privé une responsabilité à long terme en matière de développement des infrastructures, d’investissement, d’exploitation et de qualité des services.

L’infrastructure peut rester la propriété de l’État ou de la collectivité. L’opérateur privé peut mobiliser des financements, introduire de nouvelles technologies, réduire les coûts d’exploitation et assurer la modernisation du système, tandis que l’État ou la collectivité conserve le contrôle de l’actif stratégique et définit les exigences relatives à la qualité des services. 

L’Ukraine dispose depuis de nombreuses années d’un cadre législatif permettant ce type de partenariat. Toutefois, l’existence d’une loi ne signifie pas nécessairement que les conditions sont réunies pour son application pratique. 

Pourquoi ce modèle fonctionne dans d’autres pays 

La Roumanie, et notamment le projet de modernisation des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement de Bucarest, constitue un exemple particulièrement pertinent pour l’Ukraine.

En 2000, la ville a signé un contrat de concession de 25 ans avec Apa Nova Bucharest, une société attribuée au groupe français Vivendi, aujourd’hui intégré à Veolia. La municipalité a conservé la propriété des infrastructures, tandis que l’opérateur privé s’est vu confier leur exploitation, leur modernisation et les investissements nécessaires.

Les résultats du projet illustrent le potentiel de ce modèle. Selon les institutions financières internationales, la conformité de l’eau aux normes de qualité de l’Union européenne est passée de 69 % à 100 %, tandis que la satisfaction des consommateurs a progressé de 46 % à 75 %. Jusqu’en 2010, l’opérateur privé avait investi plus de 250 millions de dollars dans le système. Cette expérience est importante pour l’Ukraine à plusieurs titres :

  • elle montre que le recours à un opérateur privé n’implique pas nécessairement la privatisation d’infrastructures stratégiques ;
  • la réussite dépend également de la qualité de la préparation du projet, du modèle financier, d’une répartition claire des risques et de la capacité de la municipalité à contrôler l’exécution du contrat ;
  • la participation d’institutions financières internationales permet de structurer les projets de manière à ce qu’ils soient compréhensibles et acceptables pour les investisseurs et les prêteurs internationaux.

L’Ukraine peut donc s’inspirer de modèles européens éprouvés, tout en les adaptant à ses propres réalités. 

Pourquoi l’Ukraine n’a pas réussi à développer le PPP à grande échelle 

Le problème ukrainien ne résidait pas dans l’absence de mécanisme législatif, mais dans le fait que celui-ci n’était pas soutenu par des capacités institutionnelles et financières suffisantes.

Plusieurs obstacles majeurs peuvent être identifiés :

  • Préparation insuffisante des projets.
  • Répartition déséquilibrée des risques entre l’État et le partenaire privé.
  • Capacités institutionnelles limitées.
  • Imprévisibilité de l’environnement réglementaire.

La situation évolue-t-elle aujourd’hui ?

En 2025, l’Ukraine a franchi une étape importante dans la relance du mécanisme en adoptant la loi n° 4510-IX « relative au partenariat public-privé ».

Principales évolutions :

  • création de possibilités de combiner des financements privés avec des ressources de l’État et le soutien d’institutions financières internationales ;
  • amélioration des procédures de préparation des projets et de sélection des partenaires privés ;
  • ouverture de la possibilité de recourir à des mécanismes de soutien public, de partage des risques et de protection des investissements contre certaines conséquences négatives des modifications législatives.

En 2026, le gouvernement a poursuivi l’élaboration du cadre réglementaire opérationnel nécessaire à l’application de la nouvelle loi. Il a notamment approuvé des procédures relatives à la préparation des projets, à l’analyse de leur efficacité et à la sélection du partenaire privé.

Il s’agit d’un signal important pour les entreprises internationales : l’État passe progressivement des déclarations générales sur la nécessité d’attirer des capitaux privés à la mise en place de procédures permettant à ces capitaux d’être effectivement mobilisés. 

Ce qu’il faut pour que les investissements deviennent une réalité 

Pour développer un marché des PPP opérationnel, l’Ukraine doit désormais se concentrer sur quatre priorités :

  1. Constituer un portefeuille de projets prêts à être financés.
  2. Garantir la prévisibilité de la régulation tarifaire.
  3. Garantir le respect des engagements du partenaire public.
  4. Renforcer les compétences des autorités publiques

Pour l’Ukraine, le partenariat public-privé peut devenir l’un des principaux instruments de la reconstruction. Mais son potentiel ne pourra être pleinement exploité que lorsque l’État passera du rôle de simple commanditaire à celui de partenaire à part entière, capable de partager les risques, de garantir la stabilité des règles et d’assumer ses propres engagements.

 

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ACTUALITÉS DE LA RECONSTRUCTION

5. REVUE DE PRESSE & CHIFFRES CLÉS

Les entreprises sous pression croissante : enquête mensuelle de l’IER auprès des entreprises, septembre 2026

Le 13 octobre, l’Institut de recherche économique et de conseil en politiques publiques (IER) a publié les résultats de septembre de sa nouvelle enquête mensuelle auprès des entreprises (467 entreprises dans 21 des 27 régions, interrogées du 23 au 30 septembre). L’activité économique s’est dégradée pour le deuxième mois consécutif et les risques liés à la sécurité ont dépassé la hausse des prix parmi les principaux obstacles :

  • Indice de reprise de l’activité des entreprises : -0,21 (échelle de -1 à +1), contre -0,16 en août.
  • 31,1 % des entreprises déclarent une activité plus faible qu’un an auparavant, contre 24,3 % précédemment.
  • 59 % des entreprises citent le fait qu’il est « dangereux d’exercer leurs activités » comme un obstacle, contre 48 % en août. Cet obstacle passe de la troisième à la deuxième place.
  • 67 % citent la pénurie de main-d’œuvre, qui demeure l’obstacle n° 1 (69 % en août). Les difficultés de recrutement continuent d’augmenter tant pour le personnel qualifié (indice de 0,60, contre 0,57) que pour le personnel non qualifié (0,35, contre 0,32).
  • 47 % citent la hausse des prix des intrants (50 % en août), désormais en troisième position. Malgré cela, 58,3 % des entreprises s’attendent à ce que les prix des matières premières continuent d’augmenter au cours des trois à quatre prochains mois.

Les alertes aériennes et les attaques visant la logistique ont désormais un coût mesurable pour les entreprises :

  • 58,7 % des entreprises déclarent avoir perdu du temps de travail en raison des alertes aériennes. La perte moyenne représente 7,4 % du temps de travail.
  • 49,5 % ont dû suspendre leurs capacités de production et 33,6 % ont réduit leur production ou leurs prestations de services.
  • En août, 28 % des entreprises ont dû interrompre temporairement leurs activités en raison de coupures d’électricité. Les entreprises concernées ont perdu environ 4 % de leur temps de travail.

Pour financer la relance des entreprises touchées, celles-ci se tournent d’abord vers des sources externes :

  • 51,6 % attendent une compensation de la part de la Russie et 51,2 % une aide financière internationale.
  • 69,4 % s’opposent à une hausse des impôts, même si le soutien de l’État devait être moins important. Seuls 8,6 % y sont favorables.

Source : Institut de recherche économique et de conseil en politiques publiques (IER)

  • Les CIF approuvent un plan de 116 millions de dollars pour soutenir la résilience énergétique de l’Ukraine

Le conseil d’administration des Fonds d’investissement climatique (CIF) a approuvé un plan d’investissement de 116,2 millions de dollars présenté par l’Ukraine dans le cadre du programme d’intégration des énergies renouvelables (REI) des CIF. Une première enveloppe de 70 millions de dollars est prévue, avec une extension modulaire de 46,2 millions de dollars. Le plan devrait mobiliser 693,8 millions de dollars supplémentaires auprès du Groupe de la Banque mondiale (dont la SFI), de la BERD et d’autres sources, notamment du secteur privé. Il vise à soutenir la résilience énergétique de l’Ukraine touchée par la guerre grâce à une interconnexion transfrontalière, aux énergies renouvelables et au stockage de l’énergie.

Source : CIF

  • La BERD, l’UE et Aon élargissent le dispositif d’assurance contre les risques de guerre pour répondre à l’évolution des besoins des entreprises ukrainiennes

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) élargit le périmètre et la capacité du Mécanisme de garantie pour le redressement et la reconstruction de l’Ukraine (URGF), son dispositif d’assurance contre les risques de guerre élaboré avec Aon, société internationale de services professionnels de premier plan. La Banque porte le montant du dispositif à 150 millions d’euros afin qu’un plus grand nombre d’entreprises en Ukraine puissent souscrire une assurance contre les risques de guerre et faire face aux difficultés persistantes liées au conflit. Cette capacité supplémentaire bénéficie d’une couverture des donateurs de l’Union européenne dans le cadre du Cadre d’investissement pour l’Ukraine.

Le périmètre du dispositif a également été élargi. Le transport et le stockage d’actifs liés au gaz, ainsi que les marchandises entreposées temporairement dans des entrepôts, seront désormais couverts, en complément du fret intérieur, des dommages aux véhicules à moteur et du matériel roulant ferroviaire, déjà couverts par le dispositif.

Source : BERD

  • Réservation des employés : quelles évolutions pour les entreprises d’importance critique ?

Le 23 octobre, le Conseil des ministres a modifié les règles relatives à la désignation des entreprises d’importance critique et à la réservation (exemption de mobilisation) des employés soumis aux obligations militaires. Le ministère de l’Économie et de l’Environnement a précisé les conséquences pratiques de ces changements.

Point essentiel : les statuts existants ne sont pas automatiquement supprimés. Les entreprises ayant obtenu le statut d’importance critique sur la base de critères qui demeurent inchangés le conservent. 

Nouveautés :

  • Les autorités centrales et les administrations militaires régionales doivent réexaminer leurs critères dans les dix jours suivant l’entrée en vigueur des modifications.
  • Le secteur humanitaire est explicitement inclus. Les organisations dont le fonctionnement continu est essentiel pour l’État pendant la période spéciale peuvent obtenir ce statut.
  • Un nouveau Centre de coordination de la réservation a été créé. Il examine les demandes des organismes publics, approuve les critères actualisés, conseille sur les entreprises pouvant être éligibles et approuve les réservations dépassant 50 % des effectifs.

Source : ministère de l’Économie et de l’Environnement de l’Ukraine

 

LA CCIFU COMME PLATEFORME

 

6. CONFÉRENCE « L’Ukraine d’après : anticiper les défis de l’après-guerre »

 

Le 29 octobre, la CCI franco-ukrainienne a réuni experts, dirigeants et acteurs économiques pour réfléchir aux transformations qui attendent l’Ukraine et au rôle des entreprises dans la préparation de l’après-guerre à l’occasion de la conférence « L’Ukraine d’après : anticiper les défis de l’après-guerre».

Retour des Ukrainiens de l’étranger, réintégration des vétérans, évolution du marché du travail, nouvelles attentes des salariés et coopération entre les équipes ukrainiennes et les sièges internationaux : autant de défis majeurs à anticiper dès aujourd’hui. 

Trois tables rondes ont permis d’approfondir les enjeux :

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Un état des lieux de la société ukrainienne, du moral des salariés, des intentions de retour des réfugiés et de la confiance envers les entreprises. 

Voir l’intervention de Keynote, Dariia Marchak

Table ronde 1 – Etats des lieux : où en sommes-nous vraiment ?

 

Quels bouleversements anticiper ? 

Le retour des personnes mobilisées, la réintégration des vétérans et l’adaptation des entreprises à une nouvelle réalité.

Table ronde 2 – La rupture qui vient : ce à quoi personne n’anticipe

 

Quels enseignements tirer de l’Histoire ? 

Un regard sur les expériences internationales pour identifier les bonnes pratiques, éviter certaines erreurs et réfléchir aux modèles adaptés à l’Ukraine.

Table ronde 3 – Ce que l’Histoire nous apprend

 

La conférence s’est achevée sur le témoignage particulièrement marquant de Sofiia Rudnieva, qui a partagé la vision de la jeunesse ukrainienne.

 

Conclusion : la boîte à outils

Témoignage de Sofiia Rudneva

 

Un message fort ressort de ces échanges : l’après-guerre se prépare dès maintenant. Préserver et créer des emplois, accompagner les vétérans, prendre en compte les conséquences psychologiques de la guerre et adapter les organisations seront des priorités essentielles.

 

7. WEBINAIRE « La réalité sécuritaire en Ukraine : guerre, technologie et entreprises »

Le 3 novembre, la CCIFU a organisé le webinaire « La réalité sécuritaire en Ukraine : guerre, technologie et entreprises ». Quatre intervenants ont partagé leur expertise autour d’une question centrale : comment les entreprises peuvent-elles poursuivre leurs activités et préserver leur résilience en temps de guerre ?

Serhiy Prytula (Fondation caritative Serhiy Prytula) a évoqué l’évolution des menaces aériennes, le rôle des drones intercepteurs ainsi que la contribution de la société civile et du secteur privé au renforcement de la défense de l’Ukraine.

Son message aux entreprises internationales a particulièrement marqué les échanges :
« Les forces armées ukrainiennes protègent non seulement les entreprises ukrainiennes, mais aussi toutes celles qui exercent leurs activités en Ukraine. Soutenir l’acquisition de drones intercepteurs modernes, c’est aussi protéger vos entreprises, vos collaborateurs et vos vies »

Olha Pelypenko (Brave1) a présenté l’écosystème ukrainien de l’innovation dans le domaine de la défense et les possibilités de coopération internationale. Les programmes Testing in Ukraine, Brave EU, Brave NATO et Brave France ouvrent la voie à l’expérimentation de technologies, au développement conjoint de solutions et aux partenariats industriels.

Mat M. Hauser (Strateon et Dronivka) a montré comment l’analyse de plus de 90 000 événements recensés en lien avec des frappes depuis 2022 permet d’évaluer les risques auxquels sont exposés certains territoires et sites. L’analyse des données ne permet pas de prévoir chaque attaque, mais elle contribue à mieux anticiper les menaces et à s’y préparer.

Jean de Beaucoudrey (GEOS Group ADIT) s’est concentré sur les aspects opérationnels de la sécurité : gestion de crise, solutions d’alimentation électrique et de communication de secours, préparation des équipes et exercices réguliers de simulation de crise. 

Les trois enseignements clés du webinaire :

1️⃣ La sécurité doit faire partie intégrante de la stratégie de l’entreprise.
2️⃣ Les données et les technologies n’éliminent pas les risques, mais elles permettent de prendre des décisions mieux éclairées.
3️⃣ Pour les entreprises françaises, l’expérience ukrainienne représente une opportunité de coopération technologique et industrielle.

 

Voir le replay

Lire le compte-rendu

 

8. POURQUOI REJOINDRE LA CCIFU ?

Rejoindre la CCI franco-ukrainienne, c'est s'implanter en Ukraine avec un relais local de confiance, au cœur d'un réseau dynamique de près de 130 entreprises françaises et internationales déjà engagées sur le marché.

Dans un environnement en transformation rapide, la CCIFU vous accompagne pour sécuriser votre approche, accélérer votre développement et vous connecter aux bons interlocuteurs, au bon moment.

Chaque année, la Chambre organise près de 60 événements : rencontres sectorielles, conférences, comités métiers, événements de networking. Autant d'occasions concrètes de comprendre le marché, de partager des retours d'expérience et de développer des opportunités d'affaires.

Avantages concrets pour les membres :

✓ Une journée de Service aux Entreprises offerte à tout nouveau membre

✓ Accès à des réunions de haut niveau en format restreint

✓ Intégration dans un réseau actif d'entreprises françaises déjà implantées (contacts directs, opportunités de partenariat, retours terrain)

✓ Tarifs préférentiels sur l'étude Let's Rebuild Ukraine

✓ Tarifs préférentiels auprès de nos partenaires (hôtellerie notamment)

✓ Participation aux comités sectoriels (RH, agriculture, femmes d'affaires…)

✓ Visibilité accrue via nos canaux de communication et événements

Pourquoi maintenant ?

La reconstruction de l'Ukraine est déjà en cours. Elle se structure, se finance et s'organise dès aujourd'hui.

Les entreprises présentes maintenant seront celles qui comprendront le marché, construiront les relations clés et saisiront les opportunités les plus stratégiques.

Ne laissez pas cette fenêtre se refermer.

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UKRAINE : CONSEILS PRATIQUES

 

9. CONSEILS DE VOYAGE

La situation sur le territoire ukrainien reste difficile mais sous contrôle. Il est crucial de comprendre que les frappes russes peuvent survenir sur l'ensemble du pays. Nous vous recommandons vivement de ne pas ignorer les alertes aériennes et de suivre attentivement les actualités ainsi que les conseils du gouvernement ukrainien.

Conseil : Pour suivre les alertes, gérer les coupures d'électricité ou localiser l'abri le plus proche, téléchargez l'application Kyiv Digital. Elle est disponible en anglais et permet de s'inscrire avec un numéro de téléphone international.

Groupes WhatsApp utiles : UA Air Force, SPRAVDI, Ukraine.ua, Suspilne

Les ressortissants français peuvent entrer en Ukraine sans visa pour des séjours allant jusqu'à 90 jours.

Transport

L'espace aérien étant fermé depuis février 2022, l'option la plus simple consiste à prendre un vol vers un pays frontalier, puis de rejoindre la capitale en train (depuis Chełm, Varsovie ou une autre ville). Attention : la demande pour ces trajets est très élevée.

Pour la réservation des billets de train, il est fortement conseillé d'anticiper vos achats :

  • En Pologne : L'application PKP Intercity est la référence pour les trajets longue distance. Pour les liaisons régionales ou pour comparer les options de bus et de trains, l'application KOLEO est également très efficace et intuitive.

  • En Ukraine : Pour les trajets spécifiques entre la Pologne et l'Ukraine, utilisez l'application officielle de la compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia (disponible en anglais).

Services taxis en Ukraine

Les applications de transport urbain fonctionnent très bien dans les grandes villes ukrainiennes.

  • Bolt : Très largement répandu, c'est souvent l'option la plus rapide avec de nombreux chauffeurs disponibles.

  • Uklon : Une application locale ukrainienne très fiable.

  • Uber : Également disponible dans les principales métropoles comme Kyiv ou Lviv, bien que la flotte soit parfois moins dense que celle de Bolt.

Vie quotidienne et restrictions

  • Couvre-feu : Un couvre-feu est en vigueur sur tout le territoire. À Kyiv, il s'étend de 01h00 à 05h00. Durant cet intervalle, il est strictement interdit d'être dans la rue sans permis spécial.

  • Énergie : Selon l'évolution de la situation, des coupures d'électricité sont possibles.

Nous vous recommandons de toujours porter sur vous vos documents d'identité.

Déplacements professionnels et assurances

Pour tout voyage d'affaires, il est obligatoire de souscrire à une assurance incluant les risques de guerre. Pour déterminer quel type de couverture correspond à vos besoins, nous vous invitons à visionner notre webinaire dédié à ce sujet.

Pour définir l'assurance qui vous convient vous pouvez contacter l'un de nos membres :

  • GEODESK

  • ATLAS RISK COVER

  • EUROP

Vous pouvez trouver une entreprise pour vous assister sur les questions liées à la sécurité parmi nos membres :

Vous pouvez aussi revoir le replay du webinaire consacré à la sécurité.

10. BUSINESS CORNER : conseil juridique

Simplification de l’importation des médicaments (résolution n° 1254 du Conseil des ministres)

Le gouvernement a considérablement réduit les obstacles administratifs pour les fournisseurs. En particulier, pour les médicaments fabriqués dans l’UE, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans d’autres pays reconnus, l’obligation de présenter un certificat ukrainien de conformité des conditions de fabrication a été supprimée ; les conclusions sont désormais délivrées sur la base de certificats étrangers.

En outre, la résolution instaure la possibilité pour les entreprises d’effectuer elles-mêmes une inspection visuelle à distance des marchandises, un contrôle express en un jour pour les lots réimportés, le dépôt extraterritorial de documents auprès des autorités de contrôle de l’État et la réduction des délais globaux de contrôle public à cinq jours ouvrables (et à trois jours pour les achats destinés au système de santé public).

Nouvelle procédure de sélection des partenaires privés (résolution n° 1204 du Conseil des ministres)

Le gouvernement a approuvé une nouvelle procédure applicable aux partenariats public-privé (PPP) et aux grands projets de concession (avec un soutien public supérieur à 5 538 000 euros). Elle remplace la procédure d’appel d’offres en une seule étape par trois procédures concurrentielles : la procédure restreinte, la procédure ouverte et le dialogue compétitif. Elle introduit également des consultations préalables du marché.

Afin de faciliter la participation, le règlement simplifie la qualification en autorisant le recours au document unique de marché européen et en permettant de valider les résultats de qualification pour une durée maximale de deux ans. Le lauréat est déterminé sur la base de l’offre économiquement la plus avantageuse, tandis que les négociations postérieures à la sélection sont strictement limitées à des modifications rédactionnelles qui ne changent ni les principales conditions du contrat ni la répartition des risques.

Feuille de route pour la mise en œuvre des principes ESG (arrêté n° 993-r du Conseil des ministres)

Le 30 septembre 2026, le Conseil des ministres de l’Ukraine a approuvé la feuille de route pour la mise en œuvre des principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et des instruments de finance durable, ainsi qu’un plan d’action pour la période 2026-2028.

Le plan comprend 11 tâches et 36 mesures regroupées autour de 5 objectifs. Il fixe un calendrier pour l’élaboration de textes législatifs relatifs à la taxonomie des activités durables et au devoir de vigilance des entreprises, l’introduction d’exigences ESG pour les banques, les assureurs et les acteurs des marchés de capitaux, ainsi que la réglementation des obligations vertes.

Source : Arzinger

 

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